Agir sur les pensées répétitives négatives avec les outils TCCÉ
En résumé
Cette formation de 2 jours (14 heures) permet aux professionnels de la santé mentale et de la relation d'aide d’appréhender les pensées répétitives négatives dans une approche processuelle et transdiagnostique, de les évaluer par l’analyse fonctionnelle et de mobiliser des stratégies ciblées à partir des outils des TCCÉ pour modifier les ruminations mentales et les inquiétudes et réduire leur maintien.
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Les ruminations mentales et les inquiétudes font partie des pensées répétitives négatives (PRN) fréquemment rencontrées en pratique clinique. Elles apparaissent souvent comme des tentatives pour comprendre une situation, donner du sens à une expérience, anticiper une difficulté ou encore résoudre un problème. Dans certaines situations, elles peuvent d’ailleurs avoir une fonction utile. Mais lorsqu’elles deviennent répétitives, envahissantes et difficiles à contrôler, elles peuvent entretenir une détresse émotionnelle
importante, renforcer le sentiment d’impuissance et maintenir la personne dans des modes de fonctionnement peu adaptatifs.
Les ruminations et les inquiétudes présentent ainsi des similitudes importantes, tout en s’inscrivant dans des logiques différentes : les premières sont davantage centrées sur l’analyse répétitive d’événements, d’expériences ou de difficultés vécues, tandis que les
secondes prennent plus volontiers la forme d’anticipations concernant des événements futurs possibles. Dans les deux cas, le sujet peut avoir le sentiment de réfléchir activement à son problème, de chercher à mieux comprendre ou à se préparer, alors même que cette activité cognitive contribue parfois à maintenir la souffrance plutôt qu’à la résoudre. Le programme aborde précisément ces différences, leurs similitudes et les mécanismes communs qui permettent de les regrouper dans le champ des pensées répétitives négatives.
L’approche contemporaine des ruminations s’inscrit dans une perspective processuelle et transdiagnostique.
Initialement développée notamment dans le champ de la dépression, elle considère les pensées répétitives négatives comme des processus de maintien pouvant intervenir dans de nombreuses problématiques : troubles dépressifs, troubles anxieux, dépendances, troubles du comportement alimentaire, mais également dans des difficultés plus larges liées au perfectionnisme, au lâcher-prise,
à la douleur chronique ou à l’estime de soi. Cette lecture permet de ne plus considérer uniquement la rumination ou l’inquiétude comme le symptôme d’un trouble particulier, mais comme un processus transversal susceptible de contribuer à la persistance de difficultés très différentes.
L’enjeu thérapeutique n’est donc pas seulement de chercher à faire disparaître les pensées, mais d’en identifier la fonction, de comprendre les mécanismes qui les entretiennent et de repérer leur rôle éventuel comme stratégie d’évitement cognitif. Dans certains cas, ruminer permet momentanément d’éviter une émotion, une décision ou une confrontation avec l’expérience immédiate, tout en donnant l’impression d’être engagé dans une démarche de résolution.
L’analyse fonctionnelle permet alors de replacer les ruminations et les inquiétudes dans leur contexte, d’identifier leurs antécédents, leurs conséquences et leur fonction, afin de construire des réponses plus adaptées.
Un autre axe central consiste à distinguer deux modes de traitement de l’expérience : un mode abstrait et analytique, centré notamment sur les « pourquoi ? » et les « et si ? », et un mode concret et expérientiel, davantage orienté vers le « comment ?
». Le premier peut favoriser une analyse générale, répétitive et décontextualisée qui entretient les PRN ; le second ramène au contraire
l’attention vers les éléments précis de la situation, l’expérience vécue et les possibilités d’action. L’objectif est donc d’aider la personne à réduire le recours aux ruminations abstraites et à développer un mode de pensée plus concret, fonctionnel et adaptatif.
Au cours de ces 2 jours de formation, les participants apprendront à repérer et évaluer les PRN, à établir une ligne de base, à conduire une analyse fonctionnelle et à personnaliser la prise en charge en fonction des mécanismes identifiés.
Ils expérimenteront différentes stratégies permettant de modifier les réponses aux ruminations et aux inquiétudes, notamment la résolution de problèmes, les réponses alternatives, les implémentations d’intentions, l’activation comportementale et surtout l’entraînement à la concrétude, qui constitue l’un des axes essentiels de cette approche.
Le travail portera également sur les croyances métacognitives qui peuvent contribuer au maintien des pensées répétitives négatives, ainsi que sur le développement de l’autocompassion, notamment lorsqu’une part importante des ruminations prend une forme autocritique ou autopunitive. Il s’agira ainsi de diversifier les réponses possibles face aux pensées répétitives négatives et de favoriser des modes de régulation plus adaptés au contexte.
La formation privilégie enfin une pédagogie clinique, pratique et expérientielle, associant apports théoriques, exemples cliniques, études de cas, analyses fonctionnelles, jeux de rôle en trinôme et exercices de mise en pratique. Cette progression permettra aux professionnels de s’approprier des outils directement mobilisables pour accompagner les personnes confrontées aux ruminations, aux inquiétudes et, plus largement, aux pensées répétitives négatives.
Approfondissement
Pour développer vos compétences, cette formation s’associera qualitativement avec les modules de formation:
Les professionnels souhaitant approfondir plus largement leur maîtrise des Thérapies Cognitives, Comportementales et Émotionnelles (TCCÉ) pourront intégrer cette formation dans le :



Comprendre les mécanismes des pensées répétitives négatives et savoir mettre en œuvre une prise en charge TCCÉ structurée des ruminations mentales et des inquiétudes.
Faustine Devinck
Il n’y a pas de prérequis spécifique pour ce module de formation si ce n'est être dans le public concerné ci-dessous.
Psychiatres.
Pédopsychiatres.
Psychologues : clinicien, de la santé, social, communautaire, du travail, neuropsychologue, interculturel, du sport, environnemental, de l'orientation scolaire, criminologue-victimologue, etc.
Psychothérapeutes agréé(e)s ARS.
Membres de l'équipe pluridisciplinaire en service de psychiatrie : infirmier(e)s, psychomotricien(ne)s.
Plusieurs professionnel(le)s autres que les « psys » peuvent œuvrer pour la santé mentale des personnes.
Soin : médecins généralistes, médecins du sport, médecins du travail, masseurs-kinésithérapeutes, ostéopathes, orthophonistes, sage-femmes, infirmier(e)s, infirmier(e)s en pratique avancée, infirmier(e)s du travail, infirmier(e)s scolaires, aides-soignant(e)s, cadres de santé, diététicien(ne)s, ergothérapeutes, psychomotricien(ne)s, etc.
Étudiant(e)s dans les différentes disciplines précitées.
Social : éducateurs / éducatrices spécialisé(e)s, moniteurs-éducateurs, / monitrices-éducatrices, conseillers conjugaux / conseillères conjugales.
Aide et accompagnement (professions libérales non réglementées) : psychopraticien(ne)s, psychanalystes, sophrologues, relaxologues, réflexologues, hypnothérapeutes, art-thérapeutes, sexothérapeutes, gestalt-thérapeutes, coachs de vie, préparateurs mentaux / préparatrices mentales.
Travail : intervenant(e)s en prévention des risques professionnels (IPRP), coachs professionnel(le)s , formateurs / formatrices / consultant(e)s RPS et QVT, professionnel(le)s de la santé mentale au travail.
La formation s’inscrit dans une démarche multidisciplinaire et intégrative, articulée autour de trois axes complémentaires :
À l’issue de la formation, le stagiaire reçoit un Certificat de réalisation d’action de formation, sous réserve de son assiduité. Ce certificat mentionne les éléments clés de la formation :
En complément, une Attestation de formation peut être délivrée, sous réserve de satisfaire aux modalités d’évaluation prévues,
notamment au travers des questionnaires de début et de fin de formation.
La formation est accessible en distanciel synchrone (visio-live), dans des conditions techniques permettant de maintenir un haut niveau de qualité pédagogique.
Le dispositif mis en place comprend :
et permet de :

Cette formation s’inscrit dans une dynamique hospitalo-universitaire et s’appuie sur des contenus issus de programmes enseignés dans le cadre des Diplômes Universitaires de l’Université de Lille.
Elle bénéficie de l’expérience clinique d’une psychologue du Service de Santé au Travail du CHU de Lille, permettant d’articuler les apports des TCCÉ aux problématiques concrètes de stress, régulation émotionnelle, relations interpersonnelles et souffrance au travail.
Notre formation Ruminations mentales et inquiétudes est :
Les stagiaires bénéficient de supports pédagogiques téléchargeables, facilitant :
Cette formation s’adresse à tous les professionnel(le)s qui accompagnent, soutiennent, soignent ou préviennent les difficultés psychiques - qu'ils interviennent en santé mentale, en soin global, en accompagnement social, en prévention, en milieu éducatif ou professionnel. - et qui souhaitent intervenir sur les ruminations mentales et les inquiétudes, en s’appuyant sur une approche processuelle et transdiagnostique des TCCÉ.
Il n’y a pas de prérequis spécifique, en dehors d’exercer ou de se former dans un champ en lien avec la santé mentale, l’accompagnement ou la relation d’aide.
La formation est accessible à différents niveaux d’expérience, dès lors que le professionnel souhaite intervenir sur les processus cognitifs impliqués dans la souffrance psychologique.
L’objectif est de comprendre la conceptualisation processuelle des pensées répétitives négatives et de savoir appliquer les outils des TCCÉ dans la prise en charge des ruminations mentales et des inquiétudes.
La formation se déroule sur 2 jours, soit 14 heures. Elle est proposée au format mixte, soit en présentiel, soit en distanciel visio-live.
Les pensées répétitives négatives (PRN) regroupent les ruminations mentales et les inquiétudes, caractérisées par un mode de pensée répétitif, difficile à interrompre et émotionnellement coûteux.
La formation s’appuie notamment sur la théorie du style de réponse, la théorie de la concrétude réduite et la théorie de l’écart des buts, pour comprendre leurs fonctions et leurs mécanismes de maintien.
La formation propose une approche structurée incluant le repérage, l’évaluation et la conceptualisation des ruminations, à travers des outils comme les entretiens, questionnaires, auto-observations et analyses fonctionnelles.
Elle permet ensuite de mettre en œuvre une prise en charge processuelle, centrée sur la modification des styles de pensée, notamment en passant d’un mode abstrait-analytique à un mode concret-expérientiel, et sur le développement de stratégies alternatives plus adaptées
La formation permet de maîtriser notamment :
Oui. Les ruminations sont présentées comme un facteur transversal impliqué dans de nombreux troubles tels que la dépression, les troubles anxieux, les dépendances ou les troubles du comportement alimentaire, ce qui renforce l’intérêt clinique de cette approche.
À l’issue de la formation, les participants seront capables de conceptualiser les ruminations et inquiétudes dans une approche processuelle, de réaliser une analyse fonctionnelle fine, et de mettre en œuvre des interventions TCCÉ ciblées pour modifier les pensées répétitives négatives et leurs réponses associées.
Ils sauront adapter ces interventions au contexte clinique et au fonctionnement du patient.
La formation est largement orientée vers la pratique clinique.
Elle alterne apports théoriques ciblés, analyses de cas, jeux de rôle, entraînements guidés à l’analyse fonctionnelle (ABC, CUDOS), et mises en situation permettant d’expérimenter les outils auprès de situations cliniques concrètes.
La formation adopte une approche processuelle ou transdiagnostique, inspirée notamment du modèle de Kinderman, qui s’intéresse aux processus psychologiques communs à différents troubles plutôt qu’aux catégories diagnostiques.
Les ruminations et inquiétudes y sont comprises comme des habitudes cognitives dysfonctionnelles, maintenues par des contingences comportementales et des croyances métacognitives.
Oui, la formation est disponible en présentiel et en distanciel synchrone, avec un dispositif technique haut de gamme permettant de maintenir la meilleure qualité d’interaction et de pratique.
Oui. Une attestation de formation est remise à l’issue de la formation, sous réserve de satisfaire aux critères d’évaluation.
Selon le statut du participant, des dispositifs de financement peuvent être mobilisés (OPCO, financement institutionnel, France travail, employeur, etc.). Le CPF n'est pas mobilisable.