Repérer l’emprise, accueillir et orienter les victimes
En résumé
Cette formation de 3 jours (21 heures) permet aux professionnels de l’accompagnement de mieux repérer les situations de violences conjugales, de comprendre les mécanismes d’emprise, le cycle de violence, les difficultés de séparation et les conséquences psychotraumatiques. Elle aide également à prendre en compte la place des enfants exposés, à ajuster sa posture professionnelle, à mobiliser des outils d’accompagnement adaptés et à mieux orienter les victimes vers les ressources et partenaires spécialisés.
Les violences conjugales ne relèvent ni d’un simple conflit de couple, ni d’une succession d’épisodes isolés. Elles s’inscrivent dans une dynamique spécifique de domination, de contrôle et d’emprise, au sein de laquelle peuvent se combiner violences psychologiques,
verbales, physiques, sexuelles, économiques, administratives ou numériques.
Leur répétition, leur intensification possible et l’installation progressive de rapports de pouvoir rendent souvent les situations difficiles à repérer, à comprendre et à interrompre.
Longtemps considérées comme une affaire privée, sociale ou judiciaire, les violences conjugales constituent aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique. Pour les professionnels de santé, de la santé mentale, du social et de l’accompagnement, elles représentent une réalité clinique fréquente, parfois invisible. Les victimes peuvent consulter pour des douleurs, des troubles du sommeil, des symptômes anxieux ou dépressifs, un état de stress post-traumatique, des difficultés somatiques ou relationnelles, sans identifier spontanément les violences comme motif principal de leur demande. L’occasion de repérer une situation peut donc se présenter dans de nombreux contextes professionnels.
Or, repérer ne s’improvise pas et accompagner ne repose pas sur la seule intuition. La peur, la honte, la culpabilité, l’isolement, la dépendance, l’attachement affectif ou la difficulté à maintenir une séparation peuvent retarder la révélation des faits et complexifier
l’accompagnement. Comprendre pourquoi une victime reste, se tait, revient vers l’auteur ou peine à maintenir une séparation est indispensable pour éviter les jugements, les injonctions inadaptées et les réponses professionnelles contre-productives. Cette compréhension permet au contraire d’adopter une posture plus ajustée aux mécanismes d’emprise et aux temporalités propres à
chaque situation.
Les violences conjugales doivent également être envisagées dans une perspective plus large que la seule relation entre deux adultes. Lorsqu’il y a des enfants, ceux-ci sont directement concernés par le climat de violence et peuvent occuper différentes places au sein du système familial. Les conséquences peuvent être psychologiques, sociales, relationnelles, neurologiques et développementales, ce qui impose au professionnel d’intégrer cette dimension dans son évaluation de la situation et dans les décisions d’accompagnement.
Enfin, l’accompagnement ne peut reposer sur un professionnel isolé. Repérer les violences, accueillir la parole, comprendre les mécanismes psychotraumatiques, évaluer les besoins, soutenir la victime dans ses choix et mobiliser les ressources adaptées nécessitent une posture professionnelle spécifique et une bonne connaissance des relais existants. Le travail en réseau, l’orientation vers les dispositifs spécialisés et la coordination interprofessionnelle constituent donc des éléments centraux de la prise en charge.
Cette formation de 3 jours propose aux professionnels de développer une compréhension globale des violences conjugales et d’acquérir des repères concrets pour repérer les situations, accueillir la parole, comprendre les mécanismes d’emprise et orienter les victimes de manière adaptée.
Elle permettra de distinguer conflit de couple et violence conjugale, d’identifier les différentes formes de violences et de comprendre le cycle de violence, la loi du silence ainsi que les difficultés de séparation ou de maintien de la séparation.
Une attention particulière sera portée aux conséquences psychotraumatiques des violences - sidération, dissociation, amnésie traumatique, anesthésie émotionnelle, mémoire traumatique - afin de mieux comprendre certaines réactions des victimes et d’ajuster la
posture professionnelle.
La formation abordera également la place des enfants exposés aux violences conjugales, les rôles qu’ils peuvent être amenés à occuper dans le système familial et les conséquences possibles sur leur développement psychologique, social et relationnel.
Les participants travailleront ensuite sur les modalités concrètes d’accompagnement des victimes : relation d’aide, posture professionnelle, points de vigilance, ressources spécialisées et travail inter-partenarial et interdisciplinaire.
La pédagogie reposera sur des apports théoriques, des supports vidéo, des travaux en petits groupes et des études de situation issues de la pratique, afin de favoriser une appropriation directement transférable dans les contextes professionnels.
L’objectif est que chaque participant reparte avec une lecture plus fine des violences conjugales, des outils concrets et une capacité renforcée à repérer, accueillir, accompagner et orienter sans rester seul face à la situation.
Approfondissement
Pour approfondir l’accompagnement des situations de violence, de crise et leurs répercussions psychologiques, les professionnels pourront poursuivre leur parcours avec les formations :
Les professionnels souhaitant développer une expertise complète en psychotraumatologie, depuis la clinique immédiate jusqu'aux principales approches thérapeutiques spécialisées, pourront s'orienter vers :


Développer les compétences nécessaires pour repérer les violences conjugales, comprendre leurs mécanismes et leurs conséquences, adapter sa posture professionnelle et orienter les victimes vers les ressources appropriées.
Julie Bodelot
Il n’y a pas de prérequis spécifique pour ce module de formation si ce n'est être dans le public concerné ci-dessous.
Psychiatres.
Pédopsychiatres.
Psychologues : clinicien, de la santé, social, communautaire, du travail, neuropsychologue, interculturel, du sport, environnemental, de l'orientation scolaire, criminologue-victimologue, etc.
Membres de l'équipe pluridisciplinaire en service de psychiatrie : infirmier(e)s, psychomotricien(ne)s.
Plusieurs professionnel(le)s autres que les « psys » peuvent œuvrer pour la santé mentale des personnes.
Soin : médecins généralistes, médecins du sport, médecins du travail, masseurs-kinésithérapeutes, ostéopathes, orthophonistes, sage-femmes, infirmier(e)s, infirmier(e)s en pratique avancée, infirmier(e)s du travail, infirmier(e)s scolaires, aides-soignant(e)s, cadres de santé, diététicien(ne)s, ergothérapeutes, psychomotricien(ne)s, etc.
Étudiant(e)s dans les différentes disciplines précitées.
Social : éducateurs / éducatrices spécialisé(e)s, moniteurs-éducateurs, / monitrices-éducatrices, travailleurs sociaux / travailleuses sociales.
Aide et accompagnement (professions libérales non réglementées) : psychopraticien(ne)s, psychanalystes, sophrologues, relaxologues, réflexologues, hypnothérapeutes, art-thérapeutes, sexothérapeutes, gestalt-thérapeutes, coachs de vie, préparateurs mentaux / préparatrices mentales.
Travail : intervenant(e)s en prévention des risques professionnels (IPRP), coachs professionnel(le)s , formateurs / formatrices / consultant(e)s RPS et QVT, professionnel(le)s de la santé mentale au travail.
La formation s’inscrit dans une démarche multidisciplinaire et intégrative, articulée autour de trois axes complémentaires :
À l’issue de la formation, le stagiaire reçoit un Certificat de réalisation d’action de formation, sous réserve de son assiduité. Ce certificat mentionne les éléments clés de la formation :
En complément, une Attestation de formation peut être délivrée, sous réserve de satisfaire aux modalités d’évaluation prévues,
notamment au travers des questionnaires de début et de fin de formation.
Notre formation Violences conjugales est :

Cette formation bénéficie d’un ancrage universitaire à travers l’expérience d’enseignement de son intervenante au DU « Violences conjugales : une approche pluridisciplinaire » de l’Université de Lille.
Elle s’inscrit dans une approche pluridisciplinaire des violences conjugales, articulant les dimensions psychologiques, sanitaires, sociales et judiciaires, ainsi que les enjeux de repérage, d’accompagnement des victimes et de travail en réseau.
Symbiofi dispose d’un plateau technique de formation de 240 m², situé au cœur du CHU de Lille, permettant :
Pensé pour répondre aux exigences pédagogiques, cet espace est structuré en plusieurs zones complémentaires :
Cette formation s’adresse aux professionnels susceptibles de rencontrer, dans leur pratique, des personnes victimes de violences conjugales, que celles-ci soient identifiées ou qu’elles se manifestent indirectement à travers des difficultés psychologiques, somatiques, relationnelles ou sociales.
Elle concerne notamment les professionnels de la santé mentale, du soin, du social, de l’accompagnement et de la santé au travail, souhaitant mieux repérer les situations de violence, comprendre les mécanismes d’emprise, accueillir la parole des victimes et les orienter de manière adaptée
Il n’y a pas de prérequis spécifique, hormis appartenir au public professionnel concerné. Une expérience dans l’accompagnement ou la relation d’aide est recommandée afin de faciliter l’intégration des outils proposés.
La formation se déroule sur 3 jours, soit 21 heures. Elle est proposée au format mixte, soit en présentiel, soit en distanciel visio-live.
L’objectif est de développer les compétences nécessaires pour repérer les violences conjugales, comprendre leurs mécanismes et leurs conséquences, adapter sa posture professionnelle et orienter les victimes vers les ressources appropriées.
Les violences conjugales ne sont pas envisagées comme un simple conflit de couple ou comme une succession d’actes isolés. Elles s’inscrivent dans une dynamique de domination, de contrôle et d’emprise.
La formation aborde sept formes de violences : psychologiques, physiques, verbales, économiques, administratives, sexuelles et numériques. Elle permet surtout de comprendre leur articulation et leur inscription dans un cycle de violence pouvant rendre la situation particulièrement difficile à identifier et à interrompre
La formation permet de différencier clairement les conflits relationnels des violences conjugales, qui reposent sur une logique de domination et de contrôle.
Les participants apprennent notamment à identifier les différentes formes de violences et les dynamiques relationnelles spécifiques à ces situations.
La formation présente les sept formes principales de violences conjugales : violences psychologiques, physiques, verbales, économiques, administratives, sexuelles et cyberviolences.
Comprendre cette diversité permet de mieux repérer les situations de violence parfois invisibles ou minimisées.
La formation apprend à distinguer violence conjugale et conflit de couple, à repérer les différentes formes de violence et à comprendre les mécanismes d’emprise ainsi que les difficultés de séparation.
Elle travaille ensuite très concrètement l’accueil de la parole, la relation d’aide, la posture professionnelle, les points de vigilance et l’orientation vers les ressources spécialisées. Une attention particulière est également portée aux manifestations psychotraumatiques susceptibles de compliquer le repérage et l’accompagnement : sidération, dissociation, amnésie traumatique, anesthésie émotionnelle ou corporelle et mémoire traumatique.
L’accompagnement des victimes implique souvent un travail en réseau entre professionnels du soin, du social, de la justice et des associations spécialisées.
La formation présente les ressources existantes, les dispositifs d’aide et les partenaires institutionnels permettant d’assurer une orientation adaptée et sécurisée.
La place des enfants constitue un axe spécifique de la formation. Les participants étudient les conséquences psychologiques, sociales et neurologiques de l'exposition aux violences et les différentes positions que l'enfant peut occuper dans le système familial : « petit parent », confident, arbitre, bouc émissaire, enfant invisible ou encore enfant « parfait ».
L'objectif est d'intégrer pleinement l'enfant dans la compréhension globale de la situation familiale, plutôt que de considérer uniquement la relation entre les deux adultes.
La formation ne se limite pas à sensibiliser aux violences conjugales. Elle vise à développer une lecture professionnelle de situations complexes, depuis le repérage jusqu’à l’orientation de la victime.
Elle articule les dimensions psychologiques, sanitaires, sociales et judiciaires, les mécanismes d’emprise et de psychotraumatisme, la place des enfants, la posture professionnelle et le travail en réseau.
Elle bénéficie également de l’expérience de Julie Bodelot, ancienne référente départementale Violences conjugales et intervenante au DU « Violences conjugales : une approche pluridisciplinaire » de l’Université de Lille
À l’issue de la formation, vous serez capable de :
Oui. La formation s’appuie largement sur des études de situations, des analyses de séquences vidéo, des travaux de groupe et des vignettes cliniques issues de la pratique professionnelle.
Cette approche permet de passer de la compréhension théorique à l’intervention concrète dans les situations rencontrées sur le terrain.
Oui. Une attestation de formation est remise à l’issue de la formation, sous réserve de satisfaire aux critères d’évaluation.
Selon le statut du participant, des dispositifs de financement peuvent être mobilisés (OPCO, financement institutionnel, France travail, employeur, etc.). Le CPF n'est pas mobilisable.